#NuitDeboutBXL #NuitDebout #45mars - Compte Rendu

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Message par DanielB le Sam 23 Avr - 14:18

La huitième Nuit Debout de Bruxelles commence un peu en retard. En effet, l'installation technique se fait attendre, et le comité Action, réuni depuis 20h, a attiré de nombreuses personnes intéressées par l'agenda de la semaine prochaine.

Finalement, l'AG débute vers 21h15, dans une ambiance assez décontractée. Après avoir énoncé, comme chaque soir, les grands points de la Nuit précédente et après avoir communiqué les signes en vigueur aux nouveaux venus, les prises de parole débutent. Le premier intervenant appelle à la modération sur la consommation d'alcool et au tri des déchets suite à des débordements et oublis de la veille.

Comme promis, le thème de la Nuit est la finance. De nombreuses facettes du sujet sont abordées : systèmes de production, salaires des grands patrons, etc. Ce sont surtout les Panama Papers qui sont au centre du débat. Un intervenant fait remarquer qu'aujourd'hui, le Parlement Européen a voté une loi sur le secret des Affaires, qui permettrait éventuellement aux entreprises d'attaquer les lanceurs d'alerte si les informations divulguées venaient à leur porter un quelconque préjudice financier. Un autre intervenant explique à son tour qu'une façon d'agir serait de contacter nos députés européens, pour leur mettre une pression qu’il serait impossible d’ignorer. Une veilleuse de ce soir fait aussi remarquer que le monde du football a été touché de plein fouet par cette affaire. La logique voudrait donc que l'on boycotte le football professionnel. Elle rapporte ensuite les déclarations de Cameron, qui considère que les pratiques en vigueur ne sont pas illégales. Puisque des pratiques injustes sont légales, il faut donc changer la loi, selon elle. Le public marque son accord.

En parallèle avec la critique des dérives de la finance mondiale, de nombreux intervenants proposent des alternatives. Parmi celles-ci, un pouvoir que nous avons tous : la consommation. La manière dont on envisage notre pouvoir d'achat et notre consommation peut avoir un certain impact sur les décisionnaires. Certains amènent aussi l'idée de vivre indépendamment de la société. Quelques personnes ce soir reviennent avec une idée commune : choisir une banque plus adaptée à nos valeurs et à nos attentes.

On aborde ensuite l'idée de la dette, et de ses conséquences sur notre vie de tous les jours. Chaque enfant qui vient au monde est déjà tributaire d'une dette (+/- 34.000€) qui a été contractée par les générations passées. Aujourd'hui, on commence seulement à rembourser les intérêts de la dette. Cette situation nous empêche de financer des projets essentiels, comme les écoles, les hôpitaux. À terme, une des intervenantes pense qu'on en arrivera à une situation où tous ces services publics seront financés par des multinationales. Selon elle, la dette est à la source de nos maux. Elle rappelle son moto : « La dette ou la vie : positionne-toi ! » Elle termine son intervention en rappelant qu'il est possible de refuser de rembourser la dette de son pays. Les Islandais l'ont fait et continuent de se dresser contre la finance mondiale aujourd'hui encore.

Par la suite, le sujet de la dette est souvent revenu dans les débats. À la demande du public, la modératrice fait un bref résumé des origines de la dette. Depuis que l'on a retiré aux États le pouvoir de faire imprimer leur propre monnaie, ceux-ci se sont retrouvés piégés par la dette. La solution, c'est donc de reprendre le contrôle de la création de monnaie.

Quelques interventions sont faites sur la croissance à tout prix et sur la production de biens de consommation. Les intervenants sont tous d'accord sur le fait que nous produisons trop par rapport à ce que nous consommons. Ils sont également sceptiques par rapport à la croissance à tout prix, rappelant qu'un ouragan, Fukushima ou une guerre, c'est excellent pour la croissance. L’intervenante résume en faisant remarquer que la croissance est une carotte qu'il faut atteindre, mais qu'on y croit de moins en moins. Notre génération se rend compte petit à petit que ce n'est pas un but en soi et qu'une croissance infinie est impossible sur une planète aux ressources limitées.

Un intervenant parle brièvement du dividende universel comme un équivalent du salaire à vie. Il mentionne également les crypto-monnaies comme solution alternative. Il met en garde contre BitCoin qui a créé une sorte de gérontocratie, où les plus anciens à avoir généré de l'argent sur BitCoin sont les plus riches. Il mentionne donc le FairCoin, une monnaie qui maintient l'égalité entre les nouveaux et les anciens utilisateurs de cette monnaie, afin d'éviter l'écueil du BitCoin.

En marge de ces discussions sur la finance, il y a eu quelques interventions sur les actions que l'on peut faire au quotidien. Une des veilleuses explique le principe de la masse critique. Plus on est nombreux à faire de petites actions qui ont l'air absurdes, plus vite on atteindra une masse critique qui fera bouger les choses.

Un autre noctambule appelle à l'action quotidienne, en parlant avec nos collègues, nos colocs, nos amis et en n’hésitant pas à défendre notre point de vue. C'est aussi une façon de faire entendre sa voix et de faire changer les choses.

En début d'AG, Léna, du Comité Action, est venue nous faire part d'une façon d'agir : écrire #NuitDebout ou tout message que l'on veut sur les billets, afin de passer le mot. Les billets décorés restent valides et circulent de main en main en diffusant le message.

Le Comité Poésie est également venu nous faire part de leur action, à savoir des caviardages, une censure de textes pas forcément appréciés, transformés afin de les diffuser et de ne récupérer que les mots qui décrivent ce qui se passe aux Nuits Debout.

Plus brièvement encore, un citoyen est venu exprimer son refus de la monoculture en quatre mots : « Non à la monoculture ! » Un message concis et clair.

Finalement, c'est vers minuit, en comité très restreint et abrité de la pluie sous les arches, que nous clôturons l'AG de ce jeudi. Un dernier intervenant vient prendre la parole. Il vit là, sous cette arche et c'est avec plaisir qu'il nous accueille dans sa chambrée. Il nous remercie pour l'animation de toutes ces nuits. Il n'a pas la télé sous l'arche mais il apprécie beaucoup le divertissement offert par la Nuit Debout. Cet ancien pompier-ambulancier prendra probablement la parole les jours prochains afin de nous faire part de son expérience. Nous discutons encore tranquillement pendant une heure, à la lueur de quelques cigarettes, avant de quitter le Mont des Arts.

Nous reviendrons dans quelques heures. Lorsque la nuit tombera, le monde s’éveillera.

DanielB

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