Article sur page42.org : "Nuit Debout : Ça va où ?"

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Article sur page42.org : "Nuit Debout : Ça va où ?"

Message par SimonL le Jeu 14 Avr - 12:24

( Lien vers l'article. )

Voici un article de blog qui a retenu mon attention. L'auteur est clairement du même côté que les participants aux Nuits Debouts au niveau des idées mais il s'interroge sur la manière d'avancer. C'est un point de vue et je trouve qu'il est intéressant de lire et prendre en compte les critiques constructives pour avancer.

Si je résume très rapidement :
- Pas assez de mélange social (profs ? travailleurs du privés ? ouvriers ? ... )
- Un côté "révolution cool" avec des bières, "folklore hipster" ou encore "bordel festif".
- AG longues, difficile de suivre si on est un peu loin, ...
- ...

Il souligne en revanche un point qui m'a beaucoup fait réfléchir ces derniers jours, je cite :
Page42 a écrit:Une fois plantée dans un cerveau, une idée est impossible à déraciner. Et c’est exactement le genre de choses qui peut provoquer la révolution moderne : ça ne se passera peut-être pas en deux ou trois soirs, mais sur une ou deux générations. Les choses changeront parce que les gens eux-mêmes changeront, parce qu’ils auront eu accès à des idées nouvelles.

C'est peut-être là que les #NuitDebout ont un rôle énorme à jouer. Participer à une/des #NuitDebout permet de se rendre compte qu'on peut être acteur, qu'on peut décider certaines choses et non pas seulement subir. Et cette prise de conscience est le point de départ pour tout le reste.

SimonL

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Re: Article sur page42.org : "Nuit Debout : Ça va où ?"

Message par Sidonie le Jeu 14 Avr - 13:42

autre article intéressant http://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/FRANK/48630

morceau choisi:

"Malheureusement, un tel programme ne suffit pas. Bâtir une culture de lutte démocratique est certes utile pour les cercles militants, mais ce n’est qu’un point de départ. OWS n’est jamais allé plus loin ; il n’a pas déclenché une grève, ni bloqué un centre de recrutement, ni même occupé le bureau d’un doyen d’université. Pour ses militants, la culture horizontale représente le stade suprême de la lutte : « Le processus est le message », entonnaient en chœur les protestataires.

On pourra objecter que la question de présenter ou non des revendications fut âprement débattue par les militants lorsqu’ils occupaient effectivement quelque chose. Mais, pour qui feuillette tous ces ouvrages un an plus tard, ce débat paraît d’un autre monde. Presque aucun ne s’est hasardé à reconnaître que le refus de formuler des propositions a constitué une grave erreur tactique. Au contraire, Occupying Wall Street, le compte rendu quasi officiel de l’aventure, assimile toute velléité programmatique à un fétiche conçu pour maintenir le peuple dans l’aliénation de la hiérarchie et de la servilité. Hedges ne dit pas autre chose lorsqu’il explique que « seules les élites dominantes et leurs relais médiatiques » exhortaient OWS à faire connaître ses demandes. Présenter des revendications serait admettre la légitimité de son adversaire, à savoir l’Etat américain et ses amis les banquiers. En somme, un mouvement de protestation qui ne formule aucune exigence serait le chef-d’œuvre ultime de la vertu démocratique…

D’où la contradiction fondamentale de cette campagne. De toute évidence, protester contre Wall Street en 2011 impliquait de protester aussi contre les tripatouillages financiers qui nous avaient précipités dans la grande récession ; contre le pouvoir politique qui avait sauvé les banques ; contre la pratique délirante des primes et des bonus qui avait métamorphosé les forces productives en tiroir-caisse pour les 1 % les plus riches. Toutes ces calamités tirent leur origine de la dérégulation et des baisses d’impôts — autrement dit, d’une philosophie de l’émancipation individuelle qui, au moins dans sa rhétorique, n’est pas contraire aux pratiques libertaires d’OWS.

Inutile d’avoir suivi des cours de « post-structuralisme menant à l’anarchisme » pour comprendre comment inverser la tendance : en reconstruisant un Etat régulateur compétent. Souvenez-vous de ce que disaient durant ces fameux premiers jours de septembre 2011 les militants d’OWS : réintroduisons la loi Glass-Steagall de 1933, qui séparait les banques de dépôt et les banques d’investissement. Vive l’« Etat obèse » ! Vive la sécurité !

Mais ce n’est pas ainsi que l’on enflamme l’imagination de ses contemporains. Comment animer un carnaval lorsqu’on rêve secrètement d’experts-comptables et d’administration fiscale ? En remettant les choses à plus tard. En évitant de réclamer des mesures concrètes. Réclamer, c’est admettre que les adultes guindés et sans humour ont repris la barre et que la récréation est finie. Ce choix tactique a remarquablement fonctionné au début, mais il a aussi fixé une date de péremption à tout le mouvement. En s’interdisant d’exiger quoi que ce soit, OWS s’est enfermé dans ce que Christopher Lasch appelait — en 1973 — le « culte de la participation ». Autant dire dans une protestation dont le contenu se résume à la satisfaction d’avoir protesté."

merci Wink

Sidonie

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